MONTEGO BAY (AFP) - Le cyclone Dean, considéré comme "extrêmement
dangereux et même susceptible de devenir "potentiellement
catastrophique", se dirigeait dimanche matin vers la Jamaïque, après
avoir fait deux morts en Martinique et un autre en République
dominicaine.
En Haïti, la protection civile était à la recherche de quatre personnes portées disparues en mer.
Dans
la nuit de samedi à dimanche, le cyclone a frappé le sud de Haïti et de
la République dominicaine provoquant des raz-de-marée le long des côtes.
De fortes précipitations se sont abattues sur Haïti, le pays le plus pauvre du continent américain.
"Nous
avons enregistré de fortes chutes de pluies et des vents très violents
qui ont provoqué des chutes d'arbres dans le sud. Par endroits la mer a
envahi des rues et plus de 300 personnes ont été évacuées a Belle Anse
et Marigot (sud-est d'Haïti)", a indiqué la direction de la protection
civile haïtienne.
Il était impossible dimanche matin d'établir un
bilan humain du passage de l'ouragan en raison des défaillances du
réseau de communication sur place.
A 15H00 GMT, l'oeil du cyclone
se trouvait à 210 km à l'est-sud-est de Kingston, la capitale de la
Jamaïque, a annoncé le Centre américain de surveillance des ouragans
(NHC).
Le coeur du cyclone devrait toucher la Jamaïque dans la journée de dimanche.
Accompagné
de vents soufflant à 230 km/h, Dean, de catégorie 4 sur l'échelle de
Saffir-Simpson qui en compte 5 au total, se déplaçait dans la direction
ouest-nord-ouest à la vitesse de 30 km/h.
"Dean pourrait devenir
un ouragan de catégorie 5 potentiellement catastrophique à tout moment
avant d'atteindre", peut-être en milieu de semaine, le Yucatan, dans
l'est du Mexique, a mis en garde le NHC dans un communiqué émis à
Miami, en Floride (sud-est).
Un cyclone est classé dans la catégorie 5, celle de l'ouragan extrême, quand les vents atteignent 249 km/h.
En
Jamaïque, les aéroports ont été fermés et les autorités ont demandé aux
équipes de secours d'urgence de se mobiliser et de vérifier notamment
l'état des abris. Dans le même temps, des milliers de Jamaïcains ont
pris d'assaut les supermarchés et les stations d'essence pour se
ravitailler.
Un couvre-feu de 48 heures a été imposé dans
plusieurs zones de la Jamaïque et les résidents habitant le long des
côtes ont été évacués.
Dean devrait ensuite mettre le cap sur les Iles Caïmans, où un avis d'alerte cyclonique est en vigueur.
Le
sud de Cuba a, pour sa part, été placé samedi en phase d'"alerte
cyclonique", le reste de l'île étant en "phase informative", tandis
qu'a commencé l'évacuation de dizaines de milliers de personnes dans
six provinces orientales.
Les autorités mexicaines ont émis un
avis d'alerte cyclonique pour la péninsule du Yucatan. D'ores et déjà,
elles ont procédé à l'évacuation de 80.000 touristes en vacances dans
les stations balnéaires de Cancun et de Cozumel, une région rudement
frappée en 2005 par le cyclone Wilma.
Dean est également susceptible de menacer nombre d'installations pétrolières dans le Golfe du Mexique.
Quant
à la Nasa, elle a décidé de faire revenir sur Terre l'équipage de la
navette Endeavour mardi au lieu de mercredi car le centre de contrôle
situé à Houston (Texas, sud des Etats-Unis) pourrait être forcé de
fermer si le cyclone menaçait le sud du Texas.
Un jeune homme est
mort et plusieurs personnes ont été blessées samedi en République
dominicaine, après avoir été emportés par les vagues s'abattant sur la
côte méridionale du pays.
Vendredi, deux personnes avaient trouvé
la mort en Martinique, dans les Antilles françaises, où de très
importants dégâts ont été causés aux plantations de bananes et à celles
de canne à sucre.